Que voir et que visiter dans le Finistère
Brest et la grande rade
Capitale maritime du Finistère, Brest concentre une partie essentielle du patrimoine du département. Autour du Palais des Arts et de la Culture, où se trouve l’Office du tourisme, la ville propose le musée des Beaux-Arts et le musée de la Marine, sans oublier le musée du Vieux Brest installé dans la tour de la Motte-Tanguy, monument du XVIe siècle qui domine la Penfeld. En descendant vers le fleuve, le pont de Recouvrance, les bâtiments de l’Arsenal, le port militaire et l’ancienne base sous-marine de Laninon rappellent l’histoire stratégique de la ville; la base se visite encore, mais uniquement pour les citoyens français sur présentation d’une pièce d’identité, tandis que la base actuelle reste fermée au public. Plus au sud, le port de plaisance du Moulin Blanc accueille Océanopolis, grand centre de culture scientifique consacré à la mer où l’on découvre océans polaires, tropicaux et tempérés. Dans les quartiers, les églises modernes de Sainte-Thérèse, à Recouvrance, et de Bellevue, au-delà de l’université, témoignent de la reconstruction d’après-guerre. Brest se visite aussi en flânant le long du cours Dajot, qui surplombe le port de commerce, et en gagnant le pont-levis de Recouvrance, porte d’entrée de quartiers longtemps réputés pour leurs cabarets et leur vie nocturne.
La presqu’île de Crozon, Camaret et les caps sauvages
Face à Brest, la presqu’île de Crozon déploie ses paysages mi marins, mi champêtres. Le bourg de Crozon conserve des maisons anciennes et une église remarquable, dont le grand retable sculpté, réalisé en 1602, aligne près de quatre cents personnages. Plus au sud, près de Morgat, la Maison des Minéraux à Saint-Hernot invite à découvrir la géologie de la presqu’île avant d’embarquer en bateau pour visiter les grottes marines aux eaux turquoise. En longeant la côte, on rejoint la pointe des Espagnols puis Camaret-sur-Mer, petit port langoustier lové dans une anse protégée. Le château Vauban, parfaitement conservé, abrite un musée historique et naval, tandis que la chapelle Notre-Dame de Rocamadour veille sur l’entrée du port. Aux environs, les alignements de Lagat-Jar dressent cent quarante-trois menhirs dans la lande. Un peu plus à l’ouest, le fort, le phare et les grottes de la pointe du Toulinguet, ainsi que la presqu’île de Roscanvel avec ses fortins et ses terrains militaires, offrent un décor spectaculaire de falaises, de batteries et de panoramas sur l’entrée de la rade.
Concarneau, Douarnenez, Bénodet et la côte sud
Sur la côte sud du Finistère, Concarneau est célèbre pour sa ville close fortifiée, ceinturée de remparts des XIIIe et XIVe siècles remaniés par Vauban. Derrière les murailles, les ruelles, les vieilles maisons et le musée de la Pêche racontent l’histoire d’un des premiers ports thoniers de France, tandis que le Marinarium propose une exposition sur le milieu marin. Non loin, le château de Kériolet, de style fin XVe siècle, domine la campagne. Au large, les îles Glénan, que l’on rejoint en bateau, dévoilent un fort du XVIIIe siècle, un phare et des plages de sable blanc bordant une mer d’un bleu étonnant.
Un peu plus à l’ouest, Douarnenez se distingue par son musée du Bateau, qui met à l’honneur vieux gréements et traditions maritimes, et par ses chapelles Saint-Michel et Sainte-Hélène. L’église de Ploaré, édifiée aux XVIe et XVIIe siècles, se reconnaît à son clocher élancé de cinquante-cinq mètres. Dans les environs, les villages de Kerlaz, Le Juch et Pouldavid possèdent de belles églises des XVIe et XVIIe siècles, tandis que la chapelle Notre-Dame de Kerinac, du XIIIe siècle, séduit par sa chaire en plein air et sa fontaine sacrée. Plus au sud, la station balnéaire de Bénodet offre le spectacle du pont de Cornouaille tendu au-dessus de l’Odet et sert de point de départ pour remonter la jolie vallée boisée du fleuve, où manoirs, villages et rivages arborés valent la halte. Fouesnant complète cette côte douce avec son église romane et ses plages familiales tournées vers les îles et l’archipel des Glénan.
Pays Bigouden, Pont-l’Abbé et la pointe de Penmarc’h
En descendant vers le sud-ouest, on atteint la pointe sauvage de Penmarc’h, marquée par le puissant phare d’Eckmühl, l’un des plus beaux du littoral. Le port de Saint-Guénolé, voisin, reste un lieu important pour la pêche à la sardine et au thon. La chapelle Notre-Dame de la Joie, du XVe siècle, se tient entre Penmarc’h et Saint-Guénolé, associant chapelle, calvaire et vue sur la mer. L’église Sainte-Nonna et les silhouettes des phares dessinent un paysage typiquement bigouden. Plus à l’intérieur, Pont-l’Abbé s’impose comme capitale du pays Bigouden. Le musée Bigouden, installé dans une grosse tour ronde du XVe siècle, présente une riche collection de coiffes et de costumes, tandis que l’église du XIVe siècle et les ruines de l’église du Lambour, des XIIIe et XIVe siècles, rappellent l’ancien rôle religieux de la ville. Aux alentours, la ferme bigoudine de Kervazegan illustre l’architecture traditionnelle, tandis que le manoir et le parc de Kerazan dévoilent un beau mobilier dans un cadre paisible. LOCTUDY possède une belle église romane tournée vers la mer, et le château de Kernuz, entouré d’un vaste parc, complète ce paysage de manoirs et de terres agricoles.
Pays Léon, côte nord et enclos paroissiaux
Plus au nord, le pays Léon et la côte des Abers offrent un mélange de rivages découpés, de villages et de patrimoine religieux remarquable. Le Folgoët abrite une superbe église gothique flamboyante dédiée à Notre-Dame, édifiée au XVe siècle, ainsi qu’un musée présentant de l’art religieux et une reconstitution de la chambre d’Anne de Bretagne. Non loin, Lesneven conserve de belles maisons anciennes, un joli cloître et le musée du Léon, tandis que le manoir de Trébodennic, près de Ploudaniel, témoigne de l’architecture seigneuriale. Vers la mer, la pointe Saint-Mathieu, près du Conquet, montre les ruines impressionnantes d’une vaste abbatiale du XIIIe siècle face à l’Atlantique.
Les Abers, entre Plouguerneau et Lanildut, conjuguent vallées noyées, dunes, bois et manoirs. Brélès possède une église des XVe et XVIIIe siècles où l’on peut admirer un curieux Saint Isidore en culotte bretonne et des angelots jouant du biniou. Lampol-Ploudalmézeau se distingue par son clocher-porche Renaissance, Plouarzel par son église et sa Vierge polychrome, Ploumoguer par le manoir de Cohard du XVe siècle, Porspoder par son menhir, ses chapelles et ses manoirs, tandis que Lannilis est dominée par le château de Keroüartz, bel exemple de Renaissance bretonne, même si l’édifice ne se visite pas. Landerneau, au fond de l’estuaire de l’Élorn, charme par son pont habité, ses maisons anciennes et la maison dite de la Duchesse Anne, datée de 1664.
Entre Morlaix et Landerneau, les enclos paroissiaux du Léon forment un ensemble unique en Europe. À Saint-Thégonnec, Guimiliau, Lampaul-Guimiliau, Landivisiau, Saint-Servais, La Roche-Maurice, La Martyre, Ploudiry, Sizun, Commana, Plounéour-Ménez ou Pleyber-Christ, on découvre, autour de l’église, un ensemble composé d’un porche sculpté, d’un ossuaire, d’un mur d’enceinte et d’un calvaire monumental. À Guimiliau, le calvaire du XVIe siècle est orné de plus de deux cents personnages. Pleyben offre lui aussi un enclos remarquable, avec calvaire, ossuaire et église gothique flamboyante, complété dans les environs par les chapelles de Gars-Maria et de Lanneleg. Morlaix enfin, avec sa Grande Rue bordée de boutiques anciennes, ses ruelles aux maisons de bois, la maison de la Reine Anne, son musée et l’église Sainte-Melaine, constitue une porte d’entrée idéale vers le cairn de Barnenez et la pointe de Primel aux surprenants rochers rouges.
Locronan, Quimper, Roscoff et les villes de caractère
Non loin de Douarnenez, le village de Locronan mérite une visite approfondie. Sa grande place pavée, avec son puits central, est entourée de maisons Renaissance des XVIe et XVIIe siècles, tandis que l’église et la chapelle du Pénity renferment une remarquable mise au tombeau du XVIe siècle. La maison des artisans, l’atelier Saint-Roman, le musée et la verrerie du Ponant complètent cette atmosphère hors du temps. Dans les environs, le manoir du XVIIe siècle de Moëllien, aujourd’hui hôtel, et l’église de Ploéven, avec ses peintures sur lambris, prolongent cette découverte.
Quimper, ville médiévale traversée par l’Odet, aligne des maisons anciennes à pans de bois, notamment dans la rue Kéréon. Sa cathédrale Saint-Corentin, aux flèches élancées, domine le centre historique. Le quartier de Locmaria, berceau des faïenceries, abrite le musée de la faïence et des ateliers encore en activité. Plus au nord, Roscoff dévoile une belle église gothique au plafond de bois et à l’imposant retable sculpté, ainsi qu’un aquarium qui présente la faune des côtes bretonnes. Saint-Pol-de-Léon, Carantec et d’autres cités littorales complètent cet ensemble de villes attachantes où commerce, patrimoine religieux et maritime se répondent.
Ouessant et l’appel du large
Au large du Finistère, l’île d’Ouessant incarne plus que toute autre le bout du monde. À Niou-Uhella, l’écomusée retrace les techniques et traditions ouessantines, depuis la vie agricole jusqu’aux travaux de la mer. Le moulin en bois de Karaes rappelle l’importance du vent sur ces terres battues par les tempêtes. Le phare du Créac’h, l’un des plus puissants du monde, abrite le musée des Phares et Balises, qui raconte l’histoire de la signalisation maritime et le combat permanent des hommes contre l’obscurité et les récifs. En parcourant l’île à pied ou à vélo, on découvre pointes rocheuses, murets de pierre, criques abritées et prairies rases, toujours sous le regard des phares qui veillent sur le chenal du Fromveur.
Carhaix, Montagnes Noires et Finistère intérieur
Loin des falaises et des ports, l’intérieur du Finistère offre lui aussi de nombreuses étapes. À Carhaix-Plouguer, on admire des maisons anciennes, une église intéressante et les souvenirs, conservés à la mairie, de La Tour d’Auvergne, célèbre Premier grenadier de France, honoré par une place et un monument. Dans les Montagnes Noires, le calvaire de Kerbreuden et l’enclos de Saint-Ernin complètent ce patrimoine religieux. Gourin possède une église du XVIIe siècle, Spezet abrite la chapelle Notre-Dame du Crann aux très beaux vitraux, Roudouallec et Cléden-Poher se distinguent par leurs enclos paroissiaux, tandis que Treguron présente une jolie chapelle. Autour du Ménez Hom et du parc d’Armorique, Sainte-Marie du Ménez-Hom, avec son enclos, Saint-Nic, avec son église du XVIe siècle et la chapelle des saints Côme et Damien, Landévennec, avec les ruines de l’abbaye fondée par saint Guénolé et son petit musée, ou encore Tregarvan et son musée de l’école rurale, plongent le visiteur dans un Finistère plus secret, fait de landes, de vallées boisées et de petites communes fières de leur histoire. À travers ces multiples visages, le Finistère confirme qu’il ne se résume pas à une simple pointe sur une carte, mais bien à une mosaïque de ports, de villages, de chapelles et de paysages qui méritent d’être explorés patiemment, étape après étape.